AMeRS  
ASSOCIATION MER ROUGE-SINAÏ

L'Association AMeRS

Sinai mer

L’Association Mer Rouge-Sinaï (AMeRS) est une association de loi 1901, fondée par les équipes archéologiques des sites d’Ayn Soukhna, ouadi el-Jarf et Sud-Sinaï, avec pour objectif de promouvoir la recherche sur l’étude des liens, échanges et contacts autour de la mer Rouge durant l’Antiquité pharaonique, notamment en direction du sud de la péninsule du Sinaï et du lointain pays de Pount, encore mal identifié, aux confins méridionaux de cette mer. Pendant longtemps, l’activité navale des anciens Égyptiens en mer Rouge a été méconnue : seule la voie terrestre contournant le golfe de Suez était envisagée pour les contacts anciens avec le sud de la péninsule du Sinaï. C’était une zone stratégique où l’État pharaonique envoyait à intervalles réguliers des expéditions pour rapporter du cuivre et de la turquoise, produits nécessaires au prestige de la royauté et à la bonne réalisation de ses projets monumentaux. De la même façon, de nombreux chercheurs pensaient que les contacts avec Pount reposaient pour l’essentiel sur une navigation fluviale vers l’amont du Nil, permettant d’entrer indirectement en contact avec des populations de la corne de l’Afrique.

Depuis le début des années 2000, de spectaculaires découvertes archéologiques et épigraphiques sur plusieurs sites de la côte de la mer Rouge et dans le Sud-Sinaï ont entraîné une réévaluation complète des relations entre la vallée du Nil et la péninsule sinaïtique, et, plus généralement, entre le Proche-Orient et la zone du Bab el-Mandab, ainsi que de leur chronologie. La reprise des travaux par une mission italo-américaine sur le site anciennement connu de Mersa Gaouasis (région de Safaga) a en effet en 2001 permis d’y identifier sans conteste possible un port ayant fonctionné pendant une bonne partie du Moyen Empire. Entre deux expéditions maritimes, les bateaux qui y étaient utilisés étaient démontés et entreposés dans des galeries découvertes sur le site, où de nombreux vestiges de bois et de corde ont été retrouvés. La mise en évidence en 2001 puis 2011, par notre mission franco-égyptienne, de deux autres points d’ancrages côtiers, au nord du golfe de Suez (respectivement à Ayn Soukhna et au ouadi el-Jarf), présentant le même système de galeries-magasin creusées dans le piémont montagneux, a permis de compléter ce tableau. Nos travaux démontrent que ce système de « ports intermittents » avait été conçu par les Égyptiens sur la rive ouest de la mer Rouge au moins à partir du début de la IVe dynastie (règnes de Snéfrou et Chéops, c. 2675-2605 av. J.-C.). Ces deux ports comptent aujourd’hui parmi les plus anciens connus au monde et leur redécouverte progressive permettra dans les prochaines années de mieux connaître la nature même des installations maritimes, des chaînes d’assemblage des embarcations, mais aussi l’organisation et la vie quotidienne des expéditions. De façon plus générale, l’abondante documentation épigraphique découverte sur ces sites offre parfois un nouvel éclairage sur certaines périodes de l’histoire égyptienne : la mise au jour sur le site du ouadi el-Jarf, en 2013, des papyrus les plus anciens connus au monde – datés de Chéops – a permis d’avoir pour la première fois un aperçu direct du fonctionnement du chantier de la pyramide de ce roi, alors en construction.

The Association Mer Rouge-Sinaï (AMeRS) was created under the French association law of 1901, by the members of the teams excavating the sites of Ayn Sukhna, Wadi el-Jarf and South Sinai. Our goal is to promote the research on the links, exchanges and contacts around the Red Sea during the Pharaonic period, particularly towards the South Sinai mining area and the distant land of Punt, on the southern fringes of this region. For a long time, very little was known about the naval activity of the ancient Egyptians in the Red Sea. The sole land route around the Gulf of Suez was contemplated for ancient contacts with South Sinai, a strategic area for the Egyptian State in supplying turquoise and copper ore. The Pharaonic power sent expeditions there from the Nile Valley at regular intervals to bring back these products, necessary for its prestige (jewellery) and the successful realization of monumental projects (very much needed copper tools). Similarly, many scholars believed that contacts with Punt were operated mainly on river navigation up the Nile, allowing indirect contacts with the populations of the Horn of Africa. Since the early 2000s, spectacular archaeological and epigraphic discoveries at several sites on the Red Sea coast and in South Sinai have led to a complete reassessment of the relationships between the Nile Valley and the Sinai Peninsula and, more broadly, between the Near East and the Bab el-Mandab area. In 2001, the resumption of work on the already known site of Mersa Gawasis (Safaga region) by an Italian-American mission, led to the unquestionable identification of a harbour used during the Middle Kingdom. Between two expeditions, the Egyptians dismantled and stored the boats in galleries discovered on the site, where many wood and rope remains were found. The discovery in 2001 and again in 2011 by our French-Egyptian mission, of two other harbours north of the Gulf of Suez (at Ayn Sukhna and Wadi el-Jarf, respectively), with the same kind of storage galleries dug in the mountainside, completed this picture. It demonstrated that the Egyptians devised this system of 'intermittent harbours' on the west bank of the Red Sea at least from the beginning of Dynasty IV (reigns of Snefru and Khufu, c. 2675-2605 BC). These two sea harbours are now among the oldest known in the world. Their gradual rediscovery will make it possible, in the coming years, to achieve a better understanding of the very nature of maritime installations, boat assembly lines, organisation and daily life of Egyptian expeditions, etc. Moreover, the abundant epigraphic documentation discovered there sometimes sheds new light on key periods of Egyptian history. The spectacular discovery on the site of Wadi el-Jarf, in 2013, of the oldest known written papyrus in the world (reign of Khufu) provided for the first time a direct insight into the workings of the building site of the great pyramid on the Giza Plateau. Pour en savoir plus sur notre travail, vous pouvez visiter notre carnet de recherche en ligne (https://amers.hypotheses.org) ou nous rejoindre sur Twitter (@mer_amers) To know more about our work, you can visit our blog (https://amers.hypotheses.org) or join us on Twitter (@mer_amers)

 

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